Homélie 10.02.2019, Yverdon

 

 

 

Retranscription de l’homélie de Mgr A. de Raemy, du 10 février 2019, à Yverdon

 

  1. Ce Synode n’était pas UN Synode. Le Pape François a voulu que le Synode commence avant et qu’il se poursuive après. Mise en consultation « on line » des jeunes du monde entier. C’est l’Ouganda qui a répondu le + nombreux. Le Pré-Synode avec 300 Jeunes du monde entier. Tout un travail « ensemble » avec les jeunes. Le document final du Synode n’est pas un « point à la ligne et plus rien », ça continue !
  2. Les silences, les blagues, les applaudissements. 409 personnes ont participé à ce Synode. Il s’est déroulé ainsi : chaque personne avait droit à la parole de 4 min. 5 interventions, 3 min de silence (voulu par le Pape) ; 3-4 interventions, lorsque que le pape François étant présent, 3 min. de silence entrecoupés de « blagues » et applaudissements, pour détendre l’atmosphère.
  3. A contresens. Sur le document final, il y a le récit des compagnons d’Emmaus qui rentraient chez eux, après la Passion du Christ, tout déçu de la « tournure » des événements. Jésus ressuscité les rejoint dans leur marche à contresens, et après la fraction du pain, le reconnaissant, ils s’en retournent à Jérusalem. Ne pas avoir peur d’être avec les jeunes, quel que soit le sens qu’ils prennent, pourvu que ce soit avec eux.
  4. Formater ceux qui vous formatent. Le monde digital fait partie de la vie des Jeunes (tous les réseaux sociaux ont été cités). Il devrait avoir la présence de chrétiens, parmi ceux qui construisent ces programmes, afin que ces « réseaux » ne deviennent pas une drogue, mais un « bon » moyen de communiquer.
  5. 40 millions de jeunes (16-30 ans) sans formation. Principalement des migrants, des réfugiés, fuyant leur pays et qui sont en déplacement. Ici, nous ne devons pas oublier cette réalité, ça fait partie du monde des jeunes.
  6. Pas d’Eglise sans les Jeunes. Pas d’église des jeunes et en parallèle. Mais UNE avec eux, car ils sont membres à part entière l’Eglise, et qu’elle puisse les intéresser, qu’ils puissent prendre à part entière à la vie paroissiale. Pas une église des jeunes mais avec eux, car ils sont, ils forment, l’Eglise également.
  7. La Volonté commence ici. Question fondamentale d’un jeune : quel est le sens de ma vie pour la réaliser. Le Pape François a dit, lors d’une allocution lors du Synode, les jeunes ne demandent pas qui suis-je ?, mais pour qui suis-je ? ; le sens de ma vie c’est le sens du service, ma manière d’être avec les autres. Les jeunes ne veulent pas ressembler à une « photo wellness personnelle ».
  8. La vocation n’est pas un cadeau. Le discernement vocationnel. Chaque homme / femme dès sa jeunesse, se pose la question de quelle est la place dans le monde, dans la société, dans l’Eglise. Quelle est ma vocation au sens large. Ce n’est pas un cadeau, un œuf de pâques caché quelque part et que le jeune découvre un jour, le plan de Dieu. Sinon cela voudrait dire que c’est tout tracé par Dieu par un bon GPS, qu’il m’indique le chemin à suivre et que je n’aurai plus à suivre. Cela n’est pas l’image de la vocation, cela n’est pas la vraie vie, ce n’est pas le plan de Dieu, c’est à nous de le faire. Ce n’est pas non plus le plan de Dieu et si je le rate, si je ne l’ai pas compris, il y a un plan B et si je rate celui-ci il y a encore un autre. La vocation de chacun/e c’est d’utiliser la liberté, l’intelligence, la volonté que Dieu m’a donné. Grâce à Dieu, de son Amour, de ce que je connais de Jésus, pour faire ma vie, d’aller de pas à pas où je reconnais dans ma capacité que Dieu m’a donné d’avancer dans l’existence. Ce n’est pas un plan catastrophe préétabli par Dieu, c’est un projet d’amour, de dialogue avec Dieu. Avec ta liberté et en faisant un pas avec Dieu, tu avances ensemble pour répondre à ta vie, à ta vocation.
  9. A 200%. Ne pas réduire Jésus à ce que les autres pensent de Lui, de ce qu’il pourrait être. Par exemple je te présente le 60% de Jésus. Le 40% restant c’est trop compliqué / difficile. Au milieu du Synode il y a eu une messe de canonisation de Paul VI et Mgr Romero. Il a été lu l’Evangile du jeune homme riche, ce dernier voulait suivre Jésus à 60%. En tant que chrétiens, nous ne devons pas nous attacher à des valeurs, nous devons connaître ce que c’était la vie de Jésus afin de pouvoir le suivre, de pouvoir nous laisser transformer notre vie.
  10. La Synodalité. Dans l’Eglise il y a différentes responsabilités et personnes n’est exclus de la responsabilité commune. Tous font la synodalité et c’est un « jeu » entre tous, quelques-uns, et UN, avec le successeur de Pierre, les Evêques, les Prêtres et les baptisés. Jamais les uns sans les autres, cela doit être une synodalité missionnaire. Le but c’est que ça fonctionne entre tous / toutes et entre nous, mais c’est de continuer d’annoncer Jésus, c’est pourquoi on doit tous être co-responsables.
  • Bonus : Pour la Paroisse. On dit que le fleuve des jeunes « coule » à côté de nous, on n’est pas assez … Il faut opérer une conversion afin de ne pas hésiter à offrir des choses afin que les jeunes viennent. De ne pas se limiter à dire que ceux-là viennent, et les autres ne m’intéressent pas. Les jeunes bougent. Il faut avoir cette souplesse, cette envie d’être là où ils sont, où ils se retrouvent, où ils vivent, où ils étudient. Mettre des affiches sur le Web ne suffit pas. Mais il faut être les uns les autres, avec les familles, la communauté, les prêtres, les agents pastoraux, là où ils se trouvent et vivre avec les uns les autres.

 

Véronique Paradisi, Février 2019.